Diagnostics immobiliers : le radon s’invite à la liste obligatoire

D’ici juillet 2017, le CRER (Constat des risques d’exposition au radon) viendra s’ajouter à la longue liste des diagnostics immobiliers obligatoires pour tous les bâtiments et logements se situant dans l’un des 31 départements classés comme prioritaires.

L’origine de ce diagnostic radon obligatoire

RadonReconnu depuis 1987 par le Centre international de recherche sur le cancer comme cancérigène, le radon serait la seconde cause de cancer du poumon, après le tabac et devant l’amiante : sur les 25 000 décès constatés chaque année, 1 200 à 2 900 lui seraient imputables (source : INPES).

Incolore et inodore, c’est un gaz radioactif d’origine naturelle provenant de la désintégration du radium, lui-même issu de la désintégration de l’uranium contenu dans la croûte terrestre. Son risque majeur de propagation résulte du fait qu’il se trouve partout à la surface de la terre (l’air, l’eau et le sol surtout dans les sous-sols granitiques et volcaniques). De ce fait, il n’est pas »limité » à la profession des mineurs de fond mais bien à toute la population générale qui est infectée par irradiation des voies respiratoires.

Considérant que l’exposition à ce gaz est plus importante à l’intérieur d’un bâtiment qu’à l’extérieur, l’obligation de fournir un diagnostic radon est une mesure que l’on peut (enfin) qualifier de salutaire au sens propre du terme.

Réglementation

D’ici juillet 2017 au plus tard, le vendeur d’un logement situé dans une zone « à potentiel radon » devra en informer l’acquéreur. Le bailleur devra également établir ce diagnostic pour signaler la présence de gaz radioactif au locataire.

Le seuil de précaution pour le radon est actuellement fixé à 400 Bq/m3(becquerel par mètre cube) et le seuil d’alerte à 1.000 Bq/m3. Ce nouveau niveau de référence n’est qu’une première approche. En effet l’objectif final est de ramener ce seuil à 100 Bq/m³.

Cette information technique permet ainsi aux futurs acquéreurs de prendre le logement en toute connaissance de cause et surtout d’entreprendre, le cas échéant, les actions correctrices qui s’imposent (au delà de 1.000 Bq/m3, des actions correctrices, éventuellement d’envergure, doivent être impérativement conduites à bref délai).

La mesure de la concentration se fait à l’aide d’un dosimètre.

Zone géographique concernée :

Les zones les plus concernées correspondent aux formations géologiques naturellement les plus riches en uranium. Elles sont localisées sur les grands massifs granitiques (Massif armoricain, Massif central, Corse, Vosges, etc.) ainsi que sur certains grès et schistes noirs.

Au total, 31 départements classés prioritaires :

Allier – Ardèche – Ariège – Aveyron – Calvados – Cantal – Corrèze – Corse-du-Sud – Deux-Sèvres – Haute-Corse – Côtes-d’Armor – Creuse – Doubs – Finistère – Hautes-Alpes – Haute-Loire – Haute-Marne – Hautes-Pyrénées – Haute-Saône – Haute-Vienne – Indre – Loire – Lozère –Morbihan – Nièvre – Puy-de-Dôme – Rhône – Savoie – Saône-et-Loire – Vosges.

Cartographie Radon

Source IRSN

Les concentrations en radon varient toutefois en fonction de différents facteurs :

  • Les caractéristiques du bâtiment et de sa ventilation :
    Le gaz, qui s’accumule dans les sous-sols et les vides sanitaires, entre dans les maisons par différentes voies : fissures, passages de canalisation, etc… Il peut aussi se concentrer dans les endroits clos (cave, vide sanitaire, pièces d’habitations).
  • L’occupation et les modes de vie :
    La concentration en radon dans un bâtiment varie d’heure en heure au cours de la journée en fonction du degré et de la fréquence de l’ouverture des portes et fenêtres. C’est la raison pour laquelle il est important d’effectuer une mesure représentative de la valeur moyenne annuelle.

Ainsi, les tests ont pu relever les données suivantes : la moyenne s’élève à 24 Bq/m³ seulement à Paris mais à 264 Bq/m³ en Lozère.

Comment diminuer la concentration du radon ?

Diagnostic radon

Source : http://www.laradioactivite.com/site/pages/RadonHabitation.htm

Comme en matière de lutte contre la pollution de l’air intérieur et le gaspillage énergétique, on retrouve deux actions simples à mettre en place :

  • Aérer en ouvrant, en toute saison, au moins 10 minutes les fenêtres chez vous. Toujours dans l’objectif de diluer la pollution de l’air intérieur, veiller au bon fonctionnement des VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) en dépoussiérant ou en nettoyant les grilles régulièrement. Ne cherchez pas à les cacher derrière un meuble ou à les boucher sous un revêtement. Cette action permet ainsi de renouveler l’air ambiant dans lequel nous passons près de 14h par jour (concentration plus importante la nuit durant laquelle portes et fenêtres sont fermées) !
  • Rendre étanches fissures et passages de canalisations au moyen de colles silicone ou de ciment afin d’empêcher le radon de pénétrer à l’intérieur du logement (via les parois ou le sol).

Existe t-il des aides financières ?

En fonction de la zone géographique et de l’état du logement, les actions correctrices peuvent représenter un coût important. Sachez que des aides financières peuvent être allouées par l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat) qui a mis un guide à votre information en vue d’améliorer votre logement en matière notamment de lutte contre le radon.

 

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