Crédits-relais : risque de subprime à la française ?

Pratiquement un an après le début de la crise des subprimes aux Etats-Unis, assisterait t-on aussi en France, depuis la rentrée 2008, à un phénomène similaire ?

Les données semblent s’en rapprocher :

Au Etats-Unis, le double mouvement de baisse des prix de l’immobilier depuis 2006 et de remontée des taux d’intérêts a conduit au défaut de paiement de nombreux emprunteurs, et donc à la mise en situation de faillite ou de quasi-faillite, des établissements spécialisés. Les ménages se retrouvent en situation d’abandon de leur logement ne pouvant plus faire face au remboursement des emprunts contractés sur la base de taux variables.

En France, on observe depuis le début de l’année un net ralentissement du marché immobilier (chute des prix, durcissement des conditions d’emprunt, délais de vente rallongé de 3 à 8 mois). De ce fait, le coût des crédits-relais, emprunts bancaires intermédiaires permettant l’achat d’un nouveau logement en attendant la vente de son bien immobilier, devient une véritable menace dans le budget des ménages. Pour éviter une saisie immobilière, certaines personnes auraient demandé un report à leur banque mais sans résultat.

Selon l’association française des usagers de banque (AFUB, 29 septembre 2008), 30 000 ménages seraient concernés par des difficultés financières du fait de l’approche à échéance du prêt-relais, généralement contracté pour une durée de 1 à 2 ans. Cette situation préoccupante s’expliquerait par la conjonction de trois paramètres :

1- Sur-évaluation du prix de vente du logement et du délai de revente,

2- facilité d’accord des crédits-relais par les banques (les prêts représentant en général 80% des l’évaluation du bien à cèder contre 60 à 70% maximum aujourd’hui),

3- les acheteurs sont moins nombreux sur le marché du fait des nouvelles exigences des banques : apport minimum de 20 à 30% et nouveauté en Ile-de-France, la proximité géographique du bien par rapport au lieu de travail de l’emprunteur devient un critère. Selon ces établissements financiers, si l’emprunter se trouve loin, cela entraîne de grosses charges de transports . Ainsi, Il vaut mieux privilégier les zones bien desservies en transports en commun pour voir son dossier accepté.

Face à ce risque de « subprime », l’AFUB  rappelle que les emprunteurs peuvent, en vertu de l’article L313-12 du code de la consommation, faire une demande de suspension du prêt auprès du tribunal d’instance, qui appréciera le délai de suspension nécessaire (jusqu’à deux ans).

Kathy

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